Sa thèse a servi de base à un programme de suivi adopté par plusieurs municipalités. Avec l’aide de Jeanne Martel, elle a mis en place une ligne téléphonique gratuite pour les étudiants victimes de violence économique, de prêts frauduleux ou d’extorsion familiale.

Il a vendu sa maison à Écully.

Avec une partie de l’argent, il a acheté un appartement tranquille avec vue sur la Saône. Le reste a permis de financer trois centres d’hébergement d’urgence pour des doctorants et de jeunes chercheurs sans logement stable.

Exactement un an après avoir soutenu sa thèse, le service des timbres lui a rendu son ordinateur cassé.

Clémence hésitait à le jeter.

Finalement, il décida de le placer sur une étagère de son bureau, derrière une plaque portant son nom.

Il n’y avait plus de blessé.

C’était la preuve qu’un objet pouvait être détruit sans que le travail, la dignité ou l’avenir qu’il représentait ne disparaissent avec lui.

Son père avait voulu détruire sa vie d’un seul geste.

Il lui avait donné la pièce manquante du puzzle pour exposer tous ses mensonges.

Cet après-midi-là, Clémence éteignit la lumière de son bureau, descendit les escaliers de l’université et sortit sous la pluie chaude.

Pendant des années, ses parents avaient parlé de son nom comme s’il était source de culpabilité, de problème ou de fardeau.

Elle s’arrêta au bord du trottoir, leva les yeux vers la pluie et murmura les mots qu’on avait essayé de lui interdire de prononcer.

— Dr. Clémence Ravel.

Pour la première fois, l’avenir n’était plus une permission qu’elle s’attendait à recevoir.

Cela lui appartenait.

Avertissement : Ce récit est une œuvre de fiction, à but purement divertissant. Les noms, personnages, lieux et événements sont fictifs ou utilisés de manière fictive. Il ne prétend pas représenter une personne ou une organisation réelle.