Marc tenta de s’emparer du dossier. L’enquêteur lui saisit le poignet. « Ne touchez pas aux preuves. » Maître Roussel commença alors à ouvrir le dernier dossier. Cette fois, il n’était pas question d’argent. Marc murmura froidement : « Si Camille essaie encore de me tromper, je lui rappellerai qu’elle n’a plus de père, plus personne. Elle reviendra à genoux. » Puis les rapports médicaux apparurent à l’écran. La brûlure du matin. De vieilles photos : un bleu au bras, une porte fissurée, un téléphone cassé, des dates, des messages, des menaces. L’expression des membres du conseil changea. La fraude n’était plus le seul sujet de la réunion. La peur, elle aussi, avait désormais sa place dans le dossier.
Marc recula. « Camille… » Elle leva la main pour l’arrêter. « Pas maintenant. Pas sur ce ton. Tu l’as déjà utilisé après m’avoir humiliée. » Éliane s’approcha d’elle, soudain petite, presque vieille. « Ma chérie, tu dois penser à la famille. » Camille regarda la main qui avait osé effleurer sa manche.
« Ils ont ri quand il m’a brûlée. » Éliane retira ses doigts. « Ce n’était pas mon intention… » « Si, c’était le cas. Ils pensaient juste que personne ne te demanderait des comptes. » Marc fut arrêté pour détournement de fonds, tentative de détournement de fonds, faux et usage de faux, et violences conjugales. Quelques jours plus tard, le juge prononça une ordonnance restrictive. Éliane reçut une demande de dommages et intérêts. Son appartement de fonction à Deauville fut saisi. Sa voiture disparut du garage. Ses bijoux furent confisqués comme pièces à conviction et placés dans des sacs numérotés. Dans les semaines qui suivirent, des rumeurs circulèrent. Des employés envoyèrent des courriels. Des fournisseurs présentèrent des factures. D’anciens amis de Marc affirmèrent soudain n’avoir « jamais été vraiment proches ». Inès témoigna, puis disparut de la vie de Camille avec une courte lettre : « Je ne demande pas pardon. Je voulais juste arrêter d’avoir peur de lui. » Six mois plus tard, Camille entra dans le hall rénové de Varenne Capital. Une plaque de bronze portait le nom de son père.
L’électroménager avait été remplacé. Les portes étaient déverrouillées. Personne ne baissa la voix lorsque des pas se firent entendre dans le couloir. M. Roussel s’approcha d’elle à la grande fenêtre. « Regrettez-vous quelque chose ? » demanda Camille, le regard perdu sur Paris baigné par la froide lumière du matin. « Une seule chose. Avoir attendu d’être brûlée vive pour enfin croire que j’avais le droit de partir. »
Cet après-midi-là, dans la maison tranquille de Saint-Cloud, elle se prépara des toasts, des œufs et un café. Elle prit son petit-déjeuner à 20h30, tout simplement parce qu’elle en avait envie. Elle posa sa tasse devant elle. Sa main portait une délicate empreinte rosée, presque effacée. Personne ne l’interpella. Personne ne rit. Personne ne lui dit où s’asseoir. Alors Camille leva sa tasse, inspira l’arôme du café chaud et resta assise. Cette fois, elle avait le choix.
Avertissement : Ce récit est une œuvre de fiction, à but purement divertissant. Les noms, personnages, lieux et événements sont fictifs ou utilisés de manière fictive. Il ne prétend pas représenter une personne ou une organisation réelle.