Le soleil méditerranéen tapait d’une chaleur sourde sur les tables en bois clair de la terrasse, mais cette chaleur étouffante ne venait pas du ciel ; elle provenait des tremblements frénétiques des mains de Mateo. Cheveux noirs en bataille, yeux injectés de sang sous un polo gris froissé, il bondit soudain comme un animal acculé, franchissant l’espace entre les tables et saisissant Elena par les cheveux. Un cri étouffé se perdit dans le bruit des vagues. Son fils de cinq ans, le T-shirt rayé bleu et blanc trempé de sueur et de larmes, s’accrochait désespérément au bas de la chemise de Mateo, suppliant d’une voix brisée : « Laisse ma maman tranquille ! » Mateo ne broncha même pas ; ignorant le poids de l’enfant, il la repoussa brutalement et lui asséna une gifle cinglante qui résonna sur toute la terrasse, la faisant chanceler contre les dossiers blancs des chaises, le visage rouge de colère. « Tais-toi et ne t’en mêle pas ! » Il rugit, sa voix un hurlement de folie qui résonna menaçant au-dessus d’eux deux. Ses yeux reflétaient une terreur absolue, son souffle lourd d’un parfum de désespoir et de rage contenue. « Vous ne m’échapperez jamais ! » siffla-t-il entre ses dents serrées, menaçant de les broyer, tandis qu’une silhouette vêtue d’une chemise de lin blanc et de lunettes de soleil noires s’approchait par-derrière d’un pas décidé. Un crépitement électrique déchira l’air lorsque l’inconnu pressa un Taser contre le dos de Mateo, lui infligeant une décharge bleutée qui paralysa instantanément ses muscles avant que son corps ne s’effondre lourdement sur le plancher de bois.

Au loin, les sirènes de police hurlaient tandis que deux agents en uniforme enjambaient la rambarde pour maîtriser l’homme qui gémissait au sol. Ils le menottèrent machinalement et le traînèrent le long du chemin sous le regard stupéfait des touristes. Enfin tirée de son cauchemar, Elena s’effondra à genoux sur le plancher de bois brûlant et, de toutes ses forces, serra son fils contre elle, bercée presque par le bruit des vagues. Les mains tremblantes, elle embrassa le front du petit garçon et essuya les larmes salées qui coulaient sur ses joues, murmurant, le cœur brisé : « C’est fini, mon amour… tu es en sécurité avec moi. » Elle leva les yeux vers l’horizon bleu, une larme solitaire roulant sur sa joue, et un sourire fragile, empli d’une étrange et lumineuse force, effleura ses lèvres. « Nous sommes enfin libres… pour toujours », murmura-t-il avec une conviction frôlant le miraculeux, ignorant totalement qu’à l’autre bout de la route côtière, un gros SUV noir aux vitres teintées était immobile devant le trottoir.

Dans la pénombre de la banquette arrière, un homme d’une soixantaine d’années, les cheveux argentés impeccablement coiffés et vêtu d’un costume à la coupe irréprochable, observait la scène d’un calme glacial, ajustant sa montre de luxe. D’un geste millimétré, il abaissa la vitre teintée de quelques centimètres, révélant un regard d’acier, impassible. Avec une autorité absolue, presque glaciale, il se pencha vers le conducteur en sifflant et lança un ordre bref et sec : « Amenez-moi cette femme. Immédiatement. » Le moteur de la voiture rugit profondément avant que le SUV ne s’élance vers la terrasse, engloutissant les dernières secondes d’une apparente tranquillité dans un silence total.